L’avenir du cinéma romand en question
Par Christophe Arnould • 16 juin 2009 • Categorie: ActualitésLe projet de Fondation Romande du cinéma dépend de la réaction des vaudois.
Depuis plus de deux ans, les professionnels romands de la branche cinématographique suisse travaillent ensemble pour la création de la Fondation Romande du cinéma, un organe regroupant les institutions de financement de la production de films de la région. Ce nouvel instrument permettra dès 2010 d’augmenter le budget de la production de films romands de 7 à 10 millions de francs. Cette augmentation ira entièrement au bénéfice des films d’envergures régionales, permettant à des productions plus délicates d’aboutir dans des conditions professionnelles de qualité.
Alors que tous les autres cantons et communes ont déjà quasiment garanti leur soutien financier complémentaire pour atteindre ce nouvel objectif budgétaire, le canton de Vaud doit encore convaincre ces élus de la nécessité de voter une augmentation en faveur du cinéma pour son budget 2010.
Les députés Valérie Schwaar (socialiste) et Olivier Feller (radical) ont lancé une interpellation auprès du conseil d’état (voir texte de l’interpellation ci-dessous) pour soutenir la future Fondation Romande pour le cinéma. Pour les deux députés : « l’enjeu lié à l’avenir du cinéma est «crucial, non seulement du point de vue culturel, mais aussi identitaire, politique et économique».
Voir également l’article de 24heures
http://www.24heures.ch/vaud/actu/vaudois-permettront-romands-faire-cinema-2009-06-09
Interpellation (articles 115ss LGC)
Le canton de Vaud s’engagera-t-il pour
éviter une « Grande vadrouille » des cinéastes vaudois ?
Que ce soit du point de vue de la formation, de la production ou de la réalisation, le cinéma vaudois fait preuve aujourd’hui d’une remarquable vitalité. En matière de formation, le canton de Vaud offre plusieurs filières : depuis la rentrée 2006, l’Ecole cantonal d’art de Lausanne (ECAL) offre une formation de niveau master et bachelor en cinéma. L’Université de Lausanne (UNIL) dispose également d’une section d’histoire et d’esthétique du cinéma. Les acteurs sont formés à la Haute école de théâtre de Suisse romande sise à Lausanne (HETSR). En matière de production, le canton de Vaud compte les plus importantes maisons de production romandes, récompensées à plusieurs reprises ces dernières années par le Prix du Cinéma Suisse en fiction comme en documentaire (Saga Productions, Box Productions, CAB Productions, Climage). Dans le domaine de la réalisation, les Vaudois fameux sont toujours plus nombreux, comme en témoigne la liste non exhaustive suivante : Anne-Marie Miéville, Lionel Baier, Fernand Melgar, Jean-Stéphane Bron, Jean-François Amiguet, Jean-Luc Godard, Pierre-Yves Borgeaud, Frédéric Gonseth.
Ce tableau du milieu cinématographique vaudois ne serait pas exhaustif sans la mention de la Cinémathèque, qui joue un rôle essentiel en matière de sauvegarde et de présentation des œuvres cinématographiques collectées.
Bien réel, ce dynamisme risque toutefois d’être fragilisé par la disparité qui s’installe actuellement entre les productions romande et alémanique, en particulier depuis que le canton de Zürich a quadruplé les fonds qu’il destine au cinéma. Afin de faire front, les autorités politiques et les professionnels romands de la branche cherchent à augmenter les montants à disposition du Fonds Regio Films, dont la vocation est de soutenir la production audiovisuelle indépendante en Suisse romande. Le Fonds Regio Films est alimenté par les acteurs suivants : la Loterie Romande, la Fondation culturelle de Suissimage, la Société Suisse des Auteurs, la Télévision suisse romande, le canton et la Ville de Genève, la Fondation vaudoise pour le cinéma , les cantons de Fribourg, du Valais, de Berne (francophone), du Jura et de Neuchâtel. La part vaudoise, par le biais de la Fondation vaudoise pour le cinéma, se monte à environ 2 millions de francs annuels .
Afin de faire contrepoids aux moyens alloués par le canton de Zurich, la Conférence intercantonale des directeurs de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), présidée par la cheffe du Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture, a émis l’idée de dépasser les frontières cantonales et de créer une Fondation romande du cinéma, regroupant toutes les aides dévolues à la création, pour un budget annuel global de 10 millions de francs, et cela dès 2010. Les collectivités publiques et les organismes concernés dans le canton de Vaud sont appelés à y participer à hauteur de 35% (3.5 millions), correspondant au pourcentage de la production artistique vaudoise à l’échelle de la Suisse romande. Le canton et la Ville de Genève couvriront 50% des besoins du Fonds, soit les 5 millions d’ores et déjà alloués à l’aide au cinéma, tandis que les autres cantons romands se partageront au prorata de leur consommation moyenne les 15% restants (1.5 million).
En prenant en compte l’ensemble des moyens déjà disponibles dans le canton le canton de Vaud, environ 2 millions de francs, un soutien renforcé des différentes collectivités et organismes vaudois s’avère nécessaire pour pouvoir la contribution totale attendue de 3.5 millions.
L’enjeu est crucial, non seulement du point de vue culturel, mais aussi identitaire, politique et économique. Car si le canton de Vaud venait à refuser d’augmenter sa participation financière, les talents – formés sur notre territoire et dans nos écoles – pourraient décider de quitter le canton et compromettre ainsi, à terme, l’ancrage, la pérennité et la vitalité de la filière cinématographique vaudoise. Par ailleurs, un refus d’entrer en matière contribuerait également à « territorialiser » le cinéma romand dans le canton de Genève, contrevenant ainsi tant au nouvel esprit politique qui souffle sur les relations valdo-genevoises qu’à la volonté exprimée par les professionnels de décloisonner leurs activités et de dépasser les frontières cantonales.
Au vu de ce qui précède, nous nous permettons de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :
1. Le Conseil d’Etat confirme-t-il sa volonté de favoriser l’émergence d’une Fondation romande dans le domaine du cinéma ?
2. Le Conseil d’Etat confirme-t-il sa volonté de soutenir le dynamisme vaudois dans le domaine de la création cinématographique ?
3. Le Conseil d’Etat projette-t-il d’augmenter son soutien financier à la création audiovisuelle, et ce dès le budget 2010 ? Est-ce que d’autres collectivités publiques et organismes vaudois sont susceptibles de faire de même ?
Nous remercions d’avance le Conseil d’Etat pour ses réponses.
Valérie Schwaar, députée Olivier Feller, député
Lausanne, le 26 mai 2009



Bonjour,
Merci pour votre engagement! Juste une petite question: le Jura bernois, francophone, est-il compris dans cette recherche de fonds pour la Romandie?
En vous souhaitant plein succès pour tout ce que vous faites pour améliorer la situation du cinéma romand, recevez mes meilleures salutations,
Lucienne Lanaz
Bonjour,
Toute initiative allant dans le sens d’un soutien à la créativité est bonne à soutenir,
Mais qu’en est-il des lenteurs administratives et des chicaneries?
Vous ne devez pas être sans savoir à quel point il est difficile de convaincre un organisme d’aide financière et à quel point un artiste peut être déconcerté devant les formulaires incroyablement étrangers à son domaine créatif…
Donc, j’aurais juste une question:
Votre organisme sera-t-il capable d’entrer en matière plus directement et plus simplement en s’intéressant vraiment à l’artiste qui vous présentera un projet?
Trop de paperasserie peut rendre désespéré et, par conséquent, tuer la créativité.
J’ose donc espérer que Culture en Jeu saura se distinguer par son ouverture.
Merci de vos efforts et recevez mes cordiales amitiés.
Alex Wermeille
Cher Monsieur,
Voilà bien le paradoxe de l’artiste qui doit être créatif, mais aussi employé administratif et lobbyiste. Comme le carreleur indépendant ou l’architecte, nous devons nous faire connaître, séduire, convaincre, lever des financements pour pouvoir faire notre travail. C’est ce paradoxe qui fait le luxe de notre activité et la force de notre indépendance.
Cultureenjeu cultive cet indépendance et est totalement ouvert à toute proposition.
Je vous invite donc à me joindre personnellement, afin que nous puissions nous entretenir à ce sujet.
Dans l’attente de notre contact.
Meilleures salutations.
Christophe Arnould
079 633 70 89